Conakry – L’ex-directeur de la Soguipami, aujourd’hui prétendant à une licence minière, se retrouve au cœur d’un imbroglio judiciaire et éthique sans précédent. Deux procédures pénales le visent déjà, toutes liées à l’affaire explosive de la licence Axis et aux intérêts de GBT, et une troisième serait en préparation pour abus de confiance envers l’État.
La première affaire oppose Kanté, Lorcy et Rogers au ministère public près le tribunal de Kaloum, avec ABC constituée partie civile. Jugée en première instance, cette affaire a été qualifiée par le procureur de « banditisme intellectuel », qui a requis la peine maximale : trois ans de prison et une amende. Aujourd’hui, le dossier est pendant devant la Cour d’appel, après deux appels.
La seconde procédure se déroule devant la CRIEF (Cour de répression des infractions économiques et financières). Kanté et la société GIC y sont poursuivis pour concurrence déloyale, avec Madame Lorcy constituée partie civile. Le dossier est déjà enrôlé et attend l’ouverture des audiences publiques en première instance.
Dans les deux cas, le fil conducteur est clair : la licence minière Axis. Deux juridictions, deux procureurs, une même conclusion préliminaire : des infractions caractérisées entourant l’attribution et l’exploitation de cette licence.
Le point le plus inquiétant reste la transition de Kanté, de directeur de Soguipami à conseiller d’Axis et GBT, puis prétendant à la licence minière. Des accords officiels signés de sa main au nom de la Soguipami existent et sont jointes aux dossiers judiciaires.
Aujourd’hui, Kanté tenterait d’obtenir directement une licence auprès du ministère des Mines, en violation des principes d’éthique publique et des lois guinéennes, qui interdisent à tout ancien responsable public de tirer profit de ses fonctions passées, directement ou indirectement. Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’un cas d’école de conflit d’intérêts.
Enfin, une troisième procédure viserait Kanté pour abus de confiance envers l’État, remontant à son passage à la tête de la Soguipami. Un dossier distinct, mais qui alourdit encore le passif judiciaire de l’ancien haut responsable.
Lansana yansané






