« Une décision de justice non exécutée, une transition institutionnelle inachevée et des événements qui interpellent désormais l’ensemble des travailleurs du secteur financier. »

Conakry, le 27 juillet 2026

Le 5 octobre 2021, la Cour d’appel de Conakry rendait une décision devenue définitive ordonnant la réintégration des camarades Coumbassa Marie Yvonne, Baldé Alpha et Makoura Onopogui dans leurs fonctions respectives au sein de la Fédération Syndicale Autonome des Banques, Assurances et Microfinances de Guinée (FESABAG).

Cette décision, rendue au nom du peuple de Guinée, devait constituer une étape décisive vers le retour à la sérénité, au respect du droit et à la réconciliation au sein de notre Fédération.

Près de cinq années après son prononcé, cette décision demeure inexécutée.

Durant toute cette période, nous avons fait le choix de la retenue, du dialogue et de la responsabilité. Nous avons privilégié l’intérêt supérieur de la FESABAG, convaincus qu’aucune organisation syndicale ne peut durablement prospérer en dehors du respect de ses textes, de ses valeurs fondamentales et des décisions rendues par la justice.

Aujourd’hui, force est de constater que les événements récents démontrent que cette crise n’a jamais été véritablement résolue.

Une transition institutionnelle qui devait préserver l’unité de la Fédération

Après la disparition de notre regretté camarade Abdoulaye Sow, dont l’engagement, le dévouement et les sacrifices pour la défense des travailleurs resteront gravés dans la mémoire collective de la FESABAG, notre Fédération avait plus que jamais besoin d’une transition institutionnelle apaisée, consensuelle et conforme à ses textes.

L’acceptation par le Secrétaire général par intérim de nouvelles responsabilités au sein d’une organisation représentative des employeurs aurait dû conduire, dans l’intérêt supérieur de la FESABAG, à une transition exemplaire permettant d’assurer la continuité institutionnelle, de renforcer la cohésion interne, de favoriser l’exécution de la décision de justice et de réunir toutes les sensibilités autour d’un objectif commun : préserver l’unité de notre organisation.

Malheureusement, aucune initiative durable n’a permis, jusqu’à présent, de restaurer pleinement la confiance, de rapprocher les différentes sensibilités et de garantir le règlement définitif des différends qui fragilisent notre Fédération.

Une crise institutionnelle qui appelle à la responsabilité

Au fil des années, cette situation a entretenu un climat de tensions et de contestations dont les conséquences sont aujourd’hui visibles.

Les événements du 24 juillet 2026 ne constituent donc pas un fait isolé. Ils apparaissent comme l’aboutissement d’une crise institutionnelle qui, faute d’avoir été résolue dans le respect du droit et de la concertation, a progressivement fragilisé les fondements démocratiques de notre organisation.

Le vendredi 24 juillet 2026, un nombre limité de membres du Bureau exécutif s’est réuni au siège de la FESABAG afin de procéder à la désignation d’un nouveau Secrétaire général dans un cadre restreint, sans implication des délégations syndicales, des Secrétaires généraux et des élus de base.

Nous estimons qu’une organisation syndicale représentant des milliers de travailleurs ne peut engager son avenir en dehors d’un processus inclusif, transparent et conforme à ses statuts.

La légitimité syndicale ne se décrète pas. Elle repose sur le respect des textes, l’adhésion des structures affiliées et la confiance des travailleurs.

Une alerte aux travailleurs et aux élus de base

Ce qui est en cause aujourd’hui dépasse les personnes et les ambitions individuelles.

Il s’agit de la crédibilité de notre Fédération, du respect de ses textes, de la confiance des travailleurs et de l’avenir même de la FESABAG.

Nous lançons un appel solennel aux travailleuses et travailleurs du secteur financier, aux élus de base et aux Secrétaires généraux des organisations affiliées.

La FESABAG n’appartient à aucun individu, à aucun groupe ni à aucune génération. Elle appartient à toutes celles et tous ceux qui, par leur engagement quotidien, font vivre le mouvement syndical dans les banques, les assurances et les institutions de microfinance.

Les élus de base constituent le socle de la légitimité démocratique de notre Fédération. Ils ont la responsabilité de veiller au respect des statuts, de l’histoire et des valeurs qui ont construit la FESABAG.

Appel aux partenaires sociaux

Nous lançons également un appel solennel aux employeurs, à l’Association professionnelle des banques, aux institutions du dialogue social, aux organisations syndicales nationales et internationales.

La qualité du dialogue social dépend de la crédibilité et de la légitimité des organisations qui représentent les travailleurs.

Nous invitons l’ensemble des partenaires sociaux à encourager toutes les parties prenantes à privilégier le respect du droit, des statuts, des décisions de justice et des principes démocratiques.

Il est dans l’intérêt de tous que la FESABAG demeure une organisation forte, crédible, responsable et capable de jouer pleinement son rôle dans la défense des travailleurs et la construction d’un dialogue social stable.

Notre engagement

Notre démarche n’est dirigée contre personne. Elle est dirigée en faveur d’un principe fondamental : le respect du droit.

Nous réaffirmons notre attachement au dialogue, à la paix sociale et à la démocratie syndicale.

Nous demeurons convaincus qu’aucune sortie de crise durable ne pourra être obtenue sans :

le respect de la décision de justice du 5 octobre 2021 ;

le respect des statuts de la FESABAG ;

la restauration d’un processus démocratique et inclusif ;

la participation de toutes les composantes de la Fédération.

Le congrès demeure l’instance naturelle, souveraine et légitime pour redonner la parole aux travailleurs et permettre à la FESABAG de retrouver son unité, sa crédibilité et son rayonnement.

Nous refusons que cette crise devienne une fatalité.

Nous refusons que l’autorité de la justice soit affaiblie.

Nous refusons que la voix des travailleurs soit confisquée.

Une décision de justice qui demeure sans exécution fragilise la confiance dans les institutions.

Des statuts qui ne sont plus pleinement respectés affaiblissent la démocratie syndicale.

Une Fédération qui ne rassemble plus toutes ses forces compromet sa capacité à défendre efficacement les travailleurs.

Il est encore temps de préserver l’héritage de celles et ceux qui ont construit la FESABAG.

Il est encore temps de restaurer l’unité, la légalité et la confiance.

Parce qu’une décision de justice ne peut rester lettre morte.

Parce qu’une organisation syndicale ne peut vivre sans démocratie.

Parce que les travailleurs de Guinée méritent une FESABAG forte, crédible et exemplaire.

Vive la solidarité syndicale !

Vive l’unité des travailleurs !

Vive la FESABAG !

Fait à Conakry, le 27 juillet 2026

Baldé Alpha

Makoura Onopogui

Responsables syndicaux concernés par la décision de justice du 5 octobre 2021