Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé mercredi prendre le « contrôle total du pays », « suspendre le processus électoral » et fermer les frontières, alors que le pays est dans l’attente des résultats des élections présidentielle et législatives organisées dimanche.

Les militaires qui ont pris le contrôle du pays se sont exprimés lors d’une conférence de presse en lisant un communiqué au siège de l’état-major des armées à Bissau, la capitale.

Plus tôt dans la journée, des tirs avaient été entendus près du palais présidentiel et des hommes en tenues militaires ont pris possession de la principale artère menant vers le palais.

Ces militaires issus de la garde présidentielle et d’un corps d’élite de la gendarmerie contrôlaient la zone désertée en début d’après-midi. Les tirs auraient cessé et le calme serait revenu, selon des journalistes de l’AFP.

Peu avant, des centaines de personnes à pied ou dans des véhicules avaient fui la zone pour se mettre à l’abri, tandis que des tirs nourris se faisaient entendre.

Le sort du président sortant, Umaro Sissoco Embalo, n’était pas connu mercredi en début d’après-midi.

Le camp de M. Embalo et celui du candidat de l’opposition Fernando Dias de Costa ont chacun revendiqué la victoire mardi, alors que les résultats provisoires officiels des élections ne sont attendus que jeudi dans ce pays coutumier des troubles politiques, qui a connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance obtenue en 1973, mais reconnue en 1974 par le Portugal.

Les résultats provisoires officiels, attendus jeudi, doivent ensuite être validés par la Cour suprême à une date qui n’est pas encore connue.

Le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, est donné favori pour remporter la présidentielle qui s’est déroulée dans le calme, mais en l’absence du principal parti d’opposition, le PAIGC.

L’opposition a qualifié de manipulation l’exclusion du PAIGC des scrutins présidentiel et législatif et estime que le mandat du président Embalo est expiré depuis le 27 février, cinq ans jour pour jour après son investiture.

Le PAIGC, parti historique qui a mené le pays à l’indépendance [du Portugal] par les armes en 1974, a été exclu – pour un dossier trop tardif – des législatives visant à élire les 102 députés du Parlement.

Celui-ci a été dissous en décembre 2023 par le président Embalo, alors que l’institution était dominée par l’opposition. Le président Embalo gouverne depuis par ordonnances.

Avec près de 40 % de sa population vivant sous le seuil de la pauvreté, la Guinée-Bissau figure parmi les pays les plus pauvres au monde. Elle est réputée être une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe, favorisé par l’instabilité politique.