Libre Opinion : La Guinée a une tradition de violence politique d’État et d’impunité. Cette tradition se perpétue dans le temps au grand dam des guinéens qui aspirent à la liberté, à la justice, à la démocratie; bref, à l’État de droit. À chaque régime, sa part de crimes et de violences politiques.
On a l’impression que chaque régime qui prend le pouvoir fait un effort pour rivaliser et parfois, faire pire que le précédent. Le pays a le malheur de n’avoir à sa tête que des politiciens qui ne se préoccupent que du comment conquérir le pouvoir et le préserver au maximum, après.
Comme le restaurateur ne change pas souvent la recette qui fait vendre ses plats; depuis l’indépendance, de Sékou Touré à Alpha Condé en passant par Lansana Conté et Dadis, c’est toujours la même recette qui est appliquée: la manipulation, la division et le terrorisme d’État.
Toute personne qui s’aventure à dénoncer le système et à réclamer justice, est diabolisée, persécutée, violentée et parfois même traitée d’apatride ou de mauvais guinéen. Pour les tenants du système en effet, le bon citoyen, le vrai Guinéen, le patriotisme, c’est d’accepter sans broncher de vivre dans un État policier, d’être tenu en laisse, de jouer le jeu comme ils disent.
Il arrive même que certains qui profitent à fond du système vous disent si vous êtes un critique du système que « vous n’avez rien compris ». Comme pour dire que le système actuel est une fatalité qui ne peut changer ou être changé.
C’est en effet, leur façon à eux, de saper le moral de ceux qui sont à l’œuvre pour faire évoluer la situation et qui rêvent d’une autre Guinée avec un autre système de gouvernance.
Les tenants du système ont tellement huilé leur machine de guerre qu’il faut être têtu pour persévérer dans la lutte et rêver d’un possible changement pour le pays.
L’impunité et la stratégie de diviser pour régner ont été instituées depuis l’indépendance comme méthodes de gouvernance; résultats, des milliers et des milliers d’assassinats politiques sous Sékou Touré, des crimes économiques et de sang insoupçonnés tout au long du règne de Lansana Conté, de la barbarie à l’Etat sauvage au temps de Dadis, Alpha condé n’en parlons pas lui qui se réclamait le Mandela de la Guinée était en réalité la vrai source du mal qui nous guette jusqu’à présent et aujourd’hui, Mamadi Dumbouya le putschiste qui a renversé Alpha condé qu’on a tous applaudi, marchand sur les pas de ses prédécesseurs qui n’ont jamais répondu de leurs crimes, a fini par promouvoir un État mafieux, corrompu, répressif et violent avec en perspective, une volonté affichée de monopoliser le pouvoir dans le but de le confisquer définitivement après son coup d’État sanglant en violation de la charte de la transition qu’ils ont élaborée en catimini, de son serment et ses promesses devant la communaute nationale et internationale.
Le parjure, il payera le prix.
La Guinée ne fera pas exception; sans justice, les mêmes causes finiront toujours par produire les mêmes effets.
Ainsi, aussi longtemps que l’impunité règnera dans le pays, les régimes vont se succéder et se ressembler. Le régime qui changera la Guinée, sera celui qui viendra avec un bulldozer pour tout nettoyer, rompre avec l’impunité pour que s’arrête ce cycle de violences politiques.
Après quoi, inventer un autre système politique qui permettra à la Guinée de se réinventer.
Vivement que cela intervienne enfin, en 2025.
Après tout, il n’est point interdit de rêver et d’espérer, malgré les désespérances du moment.
Alhassane Diallo




