C’est une saisie record qui a marqué les esprits. Début mai, un cargo parti de la Sierra Leone a été intercepté avec plus de 30 tonnes de cocaïne à bord. Une cargaison spectaculaire qui illustre l’importance croissante de l’Afrique de l’Ouest dans le trafic mondial de drogue. C’est ce que révèle une nouvelle enquête publiée ce lundi par l’ONG Global Initiative Against Transnational Organized Crime. Selon ses auteurs, la Sierra Leone est devenue un maillon important d’une route de trafic jusqu’ici peu documentée.
Jusqu’ici, les enquêteurs savaient surtout comment la cocaïne arrivait en Afrique de l’Ouest depuis l’Amérique latine. Ils comprennent désormais mieux comment elle repart ensuite vers l’Europe.
Selon l’enquête, une partie de la réponse se trouve en Sierra Leone. La cocaïne y est stockée avant de reprendre la route vers le marché européen, notamment à bord de petits cargos. D’après les auteurs, ce mode opératoire prend de l’ampleur.
Ils citent notamment des données du Centre européen d’analyse et d’opérations maritimes, selon lesquelles la taille moyenne des cargaisons de cocaïne saisies sur les routes ouest-africaines a plus que doublé entre 2024 et 2025.
L’enquête affirme avoir identifié plusieurs voyages similaires à celui du cargo intercepté en mai, elle évoque également des liens avec le réseau du narcotrafiquant néerlandais Jos Leijdekkers.
Pour les auteurs, la cargaison record de plus de 30 tonnes de cocaïne témoigne surtout de la confiance croissante des réseaux criminels dans leur capacité à acheminer leurs cargaisons vers l’Europe sans être interceptés. Une saisie spectaculaire qui, selon les auteurs, ne représenterait que la partie émergée de l’iceberg.
RFI




