À Conakry, une vive polémique a éclaté après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une supposée liste de hauts cadres de l’administration publique interdits de quitter le territoire national. Face à l’ampleur de la situation, le Parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a publié une mise au point officielle pour clarifier les faits.
Une liste jugée « non authentifiée »
Dans un communiqué, le Parquet spécial indique avoir constaté la circulation d’un document qui lui est attribué, faisant état d’interdictions de sortie du territoire visant plusieurs responsables publics. Toutefois, l’institution judiciaire précise que cette liste est « non référencée » et source d’amalgames, pouvant nuire au bon déroulement des procédures en cours.
le Parquet Spécial a indiqué que cette situation crée un « amalgame » préjudiciable aux procédures déjà ouvertes et au travail des services de police judiciaire.
« Il a été donné au Parquet Spécial […] de constater via les réseaux sociaux, la circulation d’une liste non référencée à lui attribuée, faisant état des interdictions aux fins de sortie du territoire national prises contre certains cadres de l’administration publique pour des faits relevant de sa compétence », pointe le document du parquet dirigé par Charles Wright.
Tout en déplorant ces fuites d’informations « parcellaires ou erronées », le Parquet rappelle que la justice doit se faire dans le respect des textes en vigueur. Les autorités judiciaires en charge de la lutte contre la délinquance financière réaffirment aussi leur attachement au respect du principe cardinal de la présomption d’innocence, et surtout au respect du caractère secret des enquêtes.
« Le parquet rappelle son attachement au respect du principe cardinal de la présomption d’innocence, et surtout au respect du caractère secret des enquêtes dans le cadre de la poursuite des infractions susceptibles d’être qualifiées de corruption, blanchiment de capitaux, bref des infractions prévues par les dispositions de la loi L/2021/0024/AN du 17 août 2021 portant lutte contre le blanchiment de capitaux et financement du terrorisme et la loi L/2017/041/AN du 04 juillet 2017 portant prévention, détection et répression de la corruption et infractions assimilées », lit-on.
« L’heure est à l’action »
Malgré ces rumeurs, le ton du Parquet Spécial reste ferme. L’institution assure qu’elle ne reculera pas devant sa mission de moralisation de la chose publique. « Le Parquet Spécial, conscient que les attentes du peuple de Guinée sont grandes et légitimes, point besoin de le rappeler, s’engage conformément à sa nouvelle politique de poursuite à démasquer, traquer et poursuivre sans aucune exception tous les délinquants financiers, et à faire saisir leurs avoirs illicites au profit de l’Etat, au détriment duquel ils se sont enrichis, mais dans le strict respect des règles gouvernant l’enquête, la poursuite, l’instruction et le jugement des affaires pénales en République de Guinée. »
« Le temps est à l’action et non à la parole »
Tout en comptant sur la participation « responsable des dénonciateurs, lanceurs d’alerte et des organismes en charge de la lutte contre la corruption et faits assimilés », le parquet spécial de la CRIEF promet qu’il communiquera au cas par cas et au besoin sur les procédures pendantes devant sa juridiction, et ce, à toutes les étapes.
Djenab Bah




