Le Libéria s’apprête à accueillir jusqu’à 1 200 personnes expulsées des États-Unis, dans le cadre d’un accord conclu avec Washington. Cette décision intervient alors que l’administration de Donald Trump multiplie les initiatives visant à éloigner du territoire américain des migrants originaires de pays tiers.

Selon les autorités libériennes, les premières personnes concernées devraient arriver dans les prochains jours. Un premier contingent d’une vingtaine de personnes est attendu jeudi, tandis que l’ensemble du programme doit être déployé progressivement sur une période d’environ un an.

Les personnes transférées au Libéria ne seront pas uniquement originaires d’Afrique. Le groupe pourrait également comprendre des ressortissants de pays d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud et des Caraïbes, a indiqué le ministre libérien de l’Information, Jerolinmek Piah.

Cette coopération intervient dans un contexte marqué par le durcissement de la politique migratoire américaine. Washington a conclu ces derniers mois plusieurs arrangements avec des pays étrangers afin d’y transférer des personnes faisant l’objet d’une mesure d’expulsion. Des organisations de défense des droits humains dénoncent notamment le manque de transparence entourant certains de ces accords.

La situation est particulièrement sensible pour les migrants qui disposent aux États-Unis d’une protection judiciaire empêchant leur renvoi vers leur pays d’origine en raison des risques qu’ils pourraient y courir. Les autorités libériennes n’ont toutefois pas indiqué si certaines des personnes envoyées au Libéria se trouvaient dans cette situation.

À leur arrivée, les personnes concernées pourraient avoir la possibilité de solliciter l’asile au Libéria. Elles pourraient également, selon les autorités, quitter librement le pays si elles le souhaitent.

En contrepartie de son implication, le Libéria devrait bénéficier d’un appui américain destiné notamment à renforcer ses capacités dans le domaine de la gestion des migrations. Pour le gouvernement libérien, cette décision relève avant tout de considérations humanitaires et s’inscrit dans la tradition d’accueil du pays.

L’accord entre Monrovia et Washington pourrait ainsi devenir un nouvel exemple de la stratégie américaine consistant à utiliser des pays tiers pour mettre en œuvre certaines expulsions. Il devrait également susciter l’attention des organisations internationales et des défenseurs des droits des migrants, qui surveilleront les conditions d’accueil et le respect des droits des personnes transférées.

 

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