Les Services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé ont présenté une importante quantité de chicha et de ses composantes, évaluée à 919,9 millions de francs guinéens. Cette opération s’inscrit dans le cadre du renforcement de la lutte contre l’importation, la commercialisation et la consommation de cette substance en Guinée.
La lutte contre la consommation de chicha prend une nouvelle dimension en Guinée. À la suite des réquisitions du parquet général près la Cour d’appel de Conakry, les forces de défense et de sécurité intensifient leurs opérations contre les importateurs, les vendeurs et les consommateurs de ce produit.
C’est dans ce contexte que le Secrétariat général à la Présidence chargé des Services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé a procédé à la présentation d’une importante saisie de produits liés à la chicha.
Prenant la parole, le commissaire principal de police Soropogui Foromo, relevant de la Direction centrale de lutte contre le crime organisé, a révélé que la valeur totale de la marchandise saisie s’élève à 919 990 903,44 francs guinéens, soit près d’un milliard de francs guinéens.
Le lot comprend notamment 442 cartons d’appareils à chicha, 142 cartons de tabac à chicha et 178 cartons de charbon combustible.« En valeur numéraire, le tout coûte 919 millions 990 903,44 francs guinéens, à peu près un milliard de nos francs guinéens », a précisé le commissaire principal de police.
La dangerosité de la chicha mise en avant
Au-delà de l’aspect répressif, les Services spéciaux mettent l’accent sur les risques sanitaires liés à la consommation de chicha. Selon Soropogui Foromo, les mesures prises par les autorités guinéennes se justifient notamment par les dangers que représente cette pratique pour la santé publique.« Tout simplement, c’est au regard de sa dangerosité pour la santé publique », a-t-il expliqué, soulignant notamment la présence de nicotine et de goudron ainsi que les émissions de monoxyde de carbone lors de la combustion.
Le responsable a également insisté sur le caractère addictif de la chicha et les dangers du tabagisme passif, qui expose aussi les personnes présentes à proximité des consommateurs.
« La chicha crée une forte dépendance […] celui qui ne consomme pas, mais qui est à côté du consommateur, est également intoxiqué parce qu’il inhale la fumée dégagée par le consommateur », a-t-il averti.
Des risques de transmission de maladies
Le partage des tuyaux et des embouts entre plusieurs consommateurs constitue, selon le commissaire, un autre facteur de risque. Cette pratique pourrait favoriser la transmission de certaines infections lorsque le matériel est utilisé par des personnes contaminées.
« La chicha est cancérigène, c’est-à-dire qu’elle peut causer le cancer », a-t-il déclaré, évoquant également les risques de contamination bactérienne ou virale liés à l’échange des embouts.
Un appel à la vigilance des parents
Face à la consommation de chicha chez les jeunes, Soropogui Foromo a lancé un appel à la responsabilité des familles. Il a particulièrement interpellé les parents sur la nécessité de surveiller les fréquentations de leurs enfants et de les sensibiliser aux dangers de cette pratique.
« Un enfant de 14 ans, à 4 heures, le trouve dehors dans les chicha lounges, c’est extrêmement dangereux », a-t-il alerté, avant d’inviter les pères et les mères à relayer les messages de sensibilisation auprès de leurs enfants.
À travers cette saisie d’une valeur proche d’un milliard de francs guinéens, les Services spéciaux affichent ainsi leur volonté de renforcer la lutte contre la circulation de la chicha en Guinée, tout en appelant à une prise de conscience collective face aux risques sanitaires associés à sa consommation.
Mamadou Dian Bah ( Aimé Césaire)




