La récente publication de Siba Beavogui sur facebook, consacrée au Directeur Général  du Trésor Public, M. Youssouf Soumah, ne relève pas d’une enquête journalistique sérieuse. Elle constitue une tribune d’opinions personnelles où les jugements moraux prennent le pas sur les faits. En choisissant de transformer des considérations personnelles en condamnation publique, Siba Beavogui ne sert ni la presse, ni la démocratie, ni les citoyens. Il fragilise au contraire la crédibilité d’une profession qui devrait être guidée par l’exactitude des faits, le contradictoire et le respect de la dignité humaine. La réputation d’un homme ne doit jamais devenir la matière première d’un spectacle médiatique

En cherchant à présenter la vie familiale de M. Soumah comme un prétendu « scandale moral », l’auteur ne démontre aucune violation de la loi, aucune faute administrative, ni aucun acte de corruption. Il se contente d’interprétations personnelles fondées sur une lecture subjective des traditions familiales.

Or, dans un État de droit, la vie privée d’un citoyen, fût-il haut fonctionnaire, ne peut être transformée en condamnation publique en l’absence de tout fondement juridique.

Depuis sa nomination à la tête de la Direction Nationale du Trésor Public, Youssouf Soumah s’est distingué par son professionnalisme, son sens de l’État et son engagement au service des finances publiques. Ceux qui travaillent à ses côtés témoignent de sa rigueur, de sa disponibilité et de son attachement aux valeurs de probité.

Le véritable débat devrait porter sur son action à la tête de cette importante institution et non sur des considérations familiales qui relèvent de la sphère privée.

L’article de Siba Beavogui procède par amalgames, insinuations et vocabulaire outrageusement accusateur. Employer des expressions comme « sacrilège », « immoralité scandaleuse » ou « violation d’un tabou absolu » ne constitue pas une démonstration. Ces mots visent à provoquer l’émotion du lecteur plutôt qu’à établir la vérité.

Le journalisme ne consiste pas à condamner un homme sur la base de convictions personnelles. Il exige des preuves, des recoupements et le respect du contradictoire. En l’absence de ces principes fondamentaux, l’information cède la place au sensationnalisme.

La réputation d’un haut fonctionnaire ne peut être détruite par des constructions intellectuelles qui ne reposent ni sur le droit ni sur des faits objectivement établis. La morale ne peut être instrumentalisée pour discréditer un homme dont l’intégrité professionnelle n’est nullement remise en cause.

Les Guinéens attendent des médias qu’ils enquêtent sur les questions d’intérêt public, qu’ils dénoncent les détournements de fonds lorsqu’ils sont prouvés et qu’ils contribuent à la transparence de la gestion publique. Ils n’attendent pas que des journalistes se transforment en procureurs de la vie privée.

La crédibilité de la presse se construit sur la vérification des faits, l’équilibre des analyses et le respect de la dignité humaine. À défaut, elle risque de perdre la confiance du public au profit de la polémique.

Youssouf Soumah mérite d’être jugé sur son travail, son sens du service public et les résultats de son administration, et non sur des interprétations personnelles qui n’ont aucune valeur juridique. Défendre la vérité, la présomption de bonne foi et le respect des personnes est une exigence démocratique qui s’impose à tous, y compris aux journalistes.

En conclusion, une plume qui renonce à la vérité pour privilégier la polémique cesse d’éclairer l’opinion et contribue à la désinformation. En choisissant de transformer des considérations personnelles en condamnation publique, Siba Beavogui ne sert ni la presse, ni la démocratie, ni les citoyens. Il fragilise au contraire la crédibilité d’une profession qui devrait être guidée par l’exactitude des faits, le contradictoire et le respect de la dignité humaine.

La réputation d’un homme ne doit jamais devenir la matière première d’un spectacle médiatique. Les Guinéens attendent des journalistes qu’ils enquêtent avec sérieux sur les véritables enjeux de gouvernance, qu’ils dénoncent les irrégularités lorsqu’elles sont établies et qu’ils rendent compte des faits avec impartialité. Le reste n’est qu’un exercice de provocation qui dessert la noble mission de la presse.

Youssouf Soumah sera jugé sur son action, son intégrité et les résultats de son service à la Nation. Quant à ceux qui préfèrent les insinuations aux preuves, ils devront répondre, devant l’opinion publique et, le cas échéant, devant les juridictions compétentes, de la responsabilité qui accompagne la liberté d’expression.

Siba Beavogui s’éloigne des principes fondamentaux de la profession qu’il revendique. L’histoire retiendra que l’honneur d’un homme ne se détruit pas par des formules choc, mais qu’il se défend par les faits. Quant aux véritables journalistes, ils savent que leur crédibilité repose sur l’éthique, la responsabilité et la recherche de la vérité, non sur la polémique ou le lynchage médiatique.

Thierno Lémiro bah