Les Services spéciaux chargés de la lutte contre le crime organisé ont présenté, ce jeudi, quatre individus présumés impliqués dans un vaste trafic de produits pharmaceutiques prohibés au marché Madina, à Conakry. L’opération a permis la saisie de 9 200 comprimés de tramadol de différentes doses, dont certaines fortement surdosées à 225 mg et 250 mg, ainsi que plusieurs boîtes de diazépam.
Les agents ont également mis la main sur une somme de 46 millions de francs guinéens, retrouvée dans des conteneurs et considérée comme les recettes provenant de la vente de ces substances illicites.
Selon le commissaire principal de police Soropogui Foromo, chef de division à la Direction centrale de lutte contre le crime organisé, les nommés Aboubacar Kourouma, Mohamed Kamissoko, Adama Kourouma et Ousmane Chérif ont été interpellés en flagrant délit le mardi 19 mai dernier au grand marché Madina.
S’exprimant sous l’autorisation du sécrétaire gneral des services speciaux Mohamed Lamine simankan et sous le contrôle du procureur, l’officier de police a rappelé que ces médicaments, bien qu’utilisés dans le cadre médical, deviennent illégaux lorsqu’ils échappent au circuit officiel de distribution.
» Ces médicaments, bien qu’ils soient des antidouleurs de palier 2 pour le tramadol et des relaxants et tranquillisants pour le diazépam, sont prescrits aux patients sous contrôle médical à cause de leur toxicité. Surtout pour le tramadol : en cas d’overdose, souvent fatale, certaines doses incontrôlées peuvent entraîner des battements de cœur très rapprochés, des crises pouvant se traduire par un arrêt cardio-respiratoire. »
Il a également précisé que ces produits sont considérés comme des drogues lorsqu’ils sont consommés en dehors des prescriptions médicales. « Dès lors que ces médicaments sortent du circuit normal de distribution, ils sont assimilés à de faux médicaments et leur usage illégal relève du trafic de stupéfiants », a-t-il ajouté.
Selon cet officier de police, les présumés trafiquants interpellés seront traduits devant le parquet compétent afin de répondre des faits qui leur sont reprochés.
« Donc, ces présumés trafiquants interpellés vont non seulement répondre conformément aux dispositions de la loi L-024-2018-CAP du 20 juin 2008 relative à la réglementation du secteur pharmaceutique, et d’autre part, ils vont également répondre conformément aux dispositions de notre Code pénal du fait de la nature opioïde de ces substances, parce qu’elles proviennent de l’opium. Ce sont des opiacés, donc c’est de la drogue. La loi admet leur consommation seulement lorsqu’elles sont utilisées dans le cadre d’un traitement. Mais dès lors que ce cadre n’est pas respecté, leur consommation est considérée comme une consommation de drogue. »
Parmi les personnes interpellées, Adama Kourouma a reconnu être propriétaire d’une partie de la marchandise saisie. Les enquêtes se poursuivent afin d’identifier d’éventuels complices et l’origine exacte des produits.
« Quelques lots de ces produits m’appartiennent, mais pas la totalité. Lors d’une descente effectuée au centre de Madina, j’ai été le seul à être interpellé. Je vendais ces produits afin de subvenir aux besoins de ma famille. À la base, je suis vendeur d’habits. C’est la toute première fois que je me livrais à cette activité. C’est une personne qui m’a conseillé de vendre ces produits, compte tenu du ralentissement de mes activités habituelles, et j’ai accepté », a-t-il expliqué.
Pour conclure, ce père de famille a affirmé qu’il ne mesurait ni les risques ni les conséquences liés à la commercialisation de ces produits.
« Voyant d’autres personnes en acheter et en vendre, j’ai pensé pouvoir en faire autant afin de combler un manque et subvenir aux besoins de ma famille. Lors de l’interpellation, les agents ont saisi tout l’argent que je détenais. Aucune des personnes présentes ici n’est impliquée dans la vente de ces produits. Je suis le seul concerné. Les autres ont été interpellées en même temps que moi à la suite d’une bagarre survenue lors de la descente. »
Djenab Bah





