Dans la capitale Guinéenne, les opérations de récupération des domaines de l’État pourraient bientôt laisser place à de vastes projets d’aménagement urbain.sous la vision et le leadership du Président Mamadi Doumbouya, plusieurs sites ayant fait l’objet de déguerpissements ou de démolitions sont destinés à accueillir des infrastructures modernes, selon les précisions du Directeur national de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme (DATU), Amadou Fankama Doumbouya.
Invité ce jeudi 3 septembre sur les antennes de Tropical FM 92.1 dans l’émission » LES GROSSES TÊTES » , le patron de la DATU a apporté des éclaircissements sur le devenir de plusieurs espaces stratégiques de la capitale, notamment ceux de la Maison centrale, de la Cité Chemin de fer et de Belvédère.
Des logements sociaux prévus sur le site de la Maison centrale Le terrain occupé autrefois par la Maison centrale de Conakry figure parmi les espaces appelés à connaître une profonde transformation.
D’après Amadou Fankama Doumbouya, les autorités envisagent d’y réaliser des bâtiments modernes, avec notamment la construction de logements sociaux. L’ambition affichée est de proposer à une partie de la population des logements répondant davantage aux standards actuels et offrant de meilleures conditions de vie.
Un immeuble de 30 étages annoncé à Kaloum
Du côté de la Cité Chemin de fer, les ambitions sont encore plus importantes. Le site, libéré dans le cadre des opérations de récupération des domaines de l’État, devrait être intégré dans une nouvelle vision de l’aménagement du centre-ville de Conakry.
Le schéma directeur de la capitale prévoit notamment la réalisation d’un immeuble R+30, soit un bâtiment d’environ 30 niveaux au-dessus du rez-de-chaussée. Celui-ci est présenté comme l’un des futurs symboles architecturaux de Kaloum.
Le projet ne se limiterait toutefois pas à la construction d’un immeuble. Des infrastructures destinées à améliorer la circulation et l’activité économique sont également envisagées, notamment des gares routières et des espaces commerciaux.
Belvédère : les autorités veulent voir plus loin
Le cas de Belvédère fait également partie des dossiers évoqués par le responsable de la DATU. Face aux interrogations suscitées par l’absence de réalisation visible sur le site, Amadou Fankama Doumbouya affirme que le projet initial a été réexaminé.
Selon lui, les autorités souhaitent désormais privilégier une planification sur plusieurs décennies plutôt que de réaliser une infrastructure susceptible de devenir rapidement obsolète.L’objectif serait donc de concevoir un projet à vocation futuriste, capable de répondre aux besoins de Conakry sur une période pouvant atteindre 50 ans.
Dar-es-Salam : la question de la sécurité toujours au cœur des préoccupations
Le Directeur national de la DATU est également revenu sur la situation de Dar-es-Salam, où un éboulement meurtrier a récemment endeuillé la population.
Il a rappelé que les autorités avaient mené plusieurs opérations de sensibilisation auprès des habitants installés à proximité de la décharge. Des démarches similaires avaient déjà été entreprises après un précédent éboulement survenu en 2017.
Amadou Fankama Doumbouya a expliqué que certaines personnes avaient accepté les indemnisations proposées à l’époque et quitté les lieux, tandis que d’autres avaient choisi d’y rester.Selon lui, les autorités avaient encore alerté les populations avant le récent drame sur les risques liés à la proximité de la décharge.
Une évaluation des habitations avant les démolitions
Sur la question des indemnisations et des démolitions, le responsable de la DATU assure qu’un travail d’évaluation a été réalisé en amont.
Un recensement des constructions aurait été effectué, suivi d’une estimation de leur valeur par la Direction nationale de l’Architecture, de la Construction et du Logement. Cette procédure doit, selon lui, permettre aux autorités d’examiner les situations au cas par cas.Il invite ainsi les personnes concernées à présenter les documents dont elles disposent afin que leur situation puisse être étudiée.
« Un domaine de l’État appartient à l’État »
Au-delà des différents projets annoncés, le Directeur national de la DATU a lancé un message de prudence aux citoyens souhaitant s’installer sur des terrains dont le statut foncier n’est pas clairement établi.
Pour lui, les citoyens doivent prendre toutes les précautions nécessaires avant de construire ou d’occuper un terrain, car un domaine appartenant à l’État demeure une propriété publique, quelle que soit la durée de son occupation.
À travers ces différents projets, les autorités affichent ainsi leur volonté de transformer plusieurs espaces stratégiques de Conakry en zones dédiées au logement, au commerce, aux transports et aux infrastructures modernes. Reste désormais à voir le calendrier et les modalités concrètes de réalisation de ces mégaprojets.
Mamadou Dian Bah ( Aimé Césaire)
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