Conakry, 23 août 2026;  Trente morts, six blessés graves et seize blessés légers. C’est le bilan provisoire communiqué dimanche par le gouvernement après l’éboulement survenu dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août à Dar-Es-Salam, dans la commune de Gbessia.

Le drame s’est produit aux environs de 2 heures du matin, alors que de fortes pluies s’abattaient sur la capitale. Une partie de la montagne d’ordures s’est détachée avant de dévaler vers plusieurs habitations situées à proximité de la décharge.

Des familles surprises dans leur sommeil

Selon les premiers éléments rapportés, plusieurs habitants ont été pris au piège alors qu’ils dormaient. Au petit matin, les lieux étaient méconnaissables : décombres, amas de déchets et opérations de recherche se mêlaient dans une atmosphère particulièrement lourde.

Les équipes de secours ont été mobilisées pour rechercher d’éventuelles victimes encore ensevelies et prendre en charge les blessés. Le bilan, annoncé comme provisoire, pourrait encore évoluer au fur et à mesure de la progression des opérations.

Une catastrophe qui ravive le débat sur la décharge

Au-delà de l’urgence humanitaire, cette catastrophe remet au premier plan la question de la gestion de la décharge de Dar-Es-Salam et de la sécurité des populations installées dans son environnement immédiat.

Depuis plusieurs années, la présence massive de déchets à proximité des zones d’habitation alimente les inquiétudes des riverains. L’éboulement provoqué par les fortes pluies vient brutalement rappeler les risques liés à l’accumulation des déchets et à la proximité entre les zones de stockage et les habitations.

Pour les populations touchées, l’enjeu dépasse désormais la seule gestion des conséquences de cette tragédie. Il concerne également les mesures à prendre pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

L’heure des réponses

Avec 30 décès enregistrés à ce stade, la tragédie de Dar-Es-Salam constitue l’un des accidents les plus meurtriers liés à la gestion des déchets dans la capitale ces dernières années.

La question est désormais de savoir quelles dispositions seront prises pour sécuriser le site, protéger les riverains et apporter une réponse durable au problème de l’évacuation et du stockage des déchets à Conakry.

Alors que les familles endeuillées commencent à faire face à l’ampleur de leurs pertes, la catastrophe de Dar-Es-Salam place les autorités devant une urgence à la fois humanitaire, environnementale et sanitaire : comment empêcher que cette montagne d’ordures ne fasse à nouveau des victimes ?

 

Mamadou Dian Bah