6 jours après l’éboulement meurtrier survenu à la décharge de Dar-Es-Salam, le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’est rendu ce samedi 29 août 2026 sur le site de la catastrophe. Une visite destinée à constater la situation sur le terrain, à apporter son soutien aux familles endeuillées et à suivre les mesures engagées par les autorités.

Le drame, survenu dans la nuit du samedi au dimanche dernier, a provoqué plusieurs pertes en vies humaines et plongé de nombreuses familles dans le deuil. Depuis, les autorités ont renforcé les opérations de sécurisation autour de la décharge, avec notamment la libération des emprises et la démolition de certaines constructions situées dans la zone à risque.

Sur place, le chef de l’État s’est enquis de l’évolution des opérations de secours et des mesures prises pour éviter de nouvelles victimes. Cette présence intervient également alors que son silence dans les premiers jours suivant la catastrophe avait suscité des interrogations et des critiques dans une partie de l’opinion.

La visite présidentielle intervient par ailleurs dans un contexte particulièrement sensible, marqué par le déguerpissement de plusieurs occupants installés aux abords de la décharge. Des populations concernées dénoncent notamment le délai jugé court qui leur aurait été accordé pour libérer les lieux.

Amara Camara : « C’est assez dramatique ce qui est arrivé »

À l’issue de la visite présidentielle, le ministre secrétaire général de la Présidence, le général Amara Camara, a expliqué la démarche du chef de l’État et rappelé la position des autorités sur la situation de Dar-Es-Salam.

« C’est assez dramatique ce qui est arrivé, c’est des pertes en vies humaines que nous regrettons tous », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’administration avait déjà entrepris à plusieurs reprises des actions pour libérer la zone.

« L’administration était déjà passée plusieurs fois, des déguerpissements ont été faits plusieurs fois sur ces lieux, des indemnisations ont été données plusieurs fois aux occupants de ces lieux, mais malheureusement, les occupations illégales ont continué », a ajouté le général Amara Camara.

Il a également précisé que la présence du président sur le site visait non seulement à exprimer sa compassion, mais aussi à vérifier l’application des mesures décidées par les autorités.« Pour venir compatir à la douleur de l’ensemble de la population, il s’est rendu sur les lieux aujourd’hui et, en plus de compatir, il a aussi donné des instructions de travail et s’assurer que les instructions qui sont données sont effectivement en train d’être implémentées sur le terrain », a-t-il expliqué.

La décharge appelée à disparaître

Au-delà de la gestion immédiate de la catastrophe, les autorités annoncent désormais une transformation complète du site.Le général Amara Camara a indiqué que le projet porté par le chef de l’État prévoit de débarrasser définitivement Dar-Es-Salam des ordures qui s’y trouvent avant de transformer l’espace en parc urbain.

« Pour le lieu où nous sommes aujourd’hui, il est prévu de faire disparaître, grâce à un projet que le chef de l’État a mis en place, tout ce qu’il y a ici comme ordures, et il doit être transformé en parc urbain pour contribuer à l’embellissement de notre belle capitale. Ces travaux-là ne vont pas s’interrompre », a-t-il annoncé.Cette annonce marque ainsi une volonté des autorités de tourner la page de la décharge de Dar-Es-Salam et d’engager sa reconversion en un espace public.

La prise en charge des victimes attendue

Alors que les opérations se poursuivent sur le terrain, les autorités doivent également communiquer sur les mesures de prise en charge des familles touchées par le drame ainsi que sur l’organisation des obsèques des victimes.

Au nom du chef de l’État, le général Amara Camara a renouvelé les condoléances des autorités au peuple de Guinée : « Nous voulons présenter nos condoléances les plus attristées à l’ensemble du peuple de Guinée. Que Dieu accepte leur âme au paradis. »

La visite de Mamadi Doumbouya à Dar-Es-Salam intervient donc à un moment charnière : entre la gestion des conséquences de l’éboulement, la sécurisation des populations riveraines et la mise en œuvre d’un projet visant à faire disparaître définitivement la décharge au profit d’un futur parc urbain.

 

Alya soumah