CONAKRY – Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné, ce mercredi 7 octobre 2026, l’interdiction de sortie du territoire national visant l’ex-dignitaire Ahmed Kanté et 23 de ses collaborateurs. Une mesure conservatoire prise dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des soupçons de blanchiment de capitaux, de fraude fiscale et de corruption.
Selon des informations rapportées par nos sources, une réquisition aurait été adressée au Commissaire spécial de l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré ainsi qu’au Directeur central de la Police aux frontières.
Dans cette correspondance, les autorités compétentes seraient invitées à prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’empêcher les personnes concernées de quitter le territoire guinéen. Toute tentative de franchissement de frontière devrait également être immédiatement signalée au parquet spécial.
Une mesure liée à une enquête en cours
Cette décision intervient alors que la CRIEF mène des investigations sur des faits présumés de blanchiment de capitaux, d’évasion fiscale, de corruption et d’infractions assimilées.
Le parquet spécial estime nécessaire de maintenir les personnes visées à la disposition des enquêteurs afin de faciliter la poursuite des investigations et de prévenir tout éventuel risque de fuite.
La mesure concerne, outre Ahmed Kanté, présenté comme administrateur général de 2A-GIC, plusieurs cadres, superviseurs et agents de l’entreprise. Parmi les catégories professionnelles citées figurent notamment des responsables de la direction et de l’administration, des ressources humaines, des achats, de la sûreté, de l’hygiène et de l’environnement, ainsi que des personnels techniques et de communication.
Ahmed Kanté déjà dans le viseur de la CRIEF
Ahmed Kanté est déjà cité dans d’autres procédures financières actuellement examinées par la CRIEF. Cette nouvelle mesure vient ainsi renforcer l’attention portée par la juridiction aux activités et à la gestion des structures auxquelles il est associé.
Pour l’heure, les investigations se poursuivent et aucune décision définitive n’a été rendue sur les faits reprochés aux personnes concernées.
Une interdiction qui ne vaut pas condamnation
Il convient de rappeler que l’interdiction de sortie du territoire constitue une mesure conservatoire prise dans le cadre d’une procédure judiciaire. Elle ne saurait, à elle seule, établir la culpabilité des personnes visées.
Les intéressés bénéficient donc de la présomption d’innocence jusqu’à l’issue de la procédure et à une éventuelle décision de justice devenue définitive.
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